Commentaire d’Actes 5:28

en disant : « Nous vous avions formellement interdit d’enseigner en ce nom-là, et voilà que vous avez rempli Jérusalem de votre enseignement et que vous voulez faire retomber sur nous le sang de cet homme ! »

Le grand-prêtre leur fait deux reproches. Le premier : « nous vous avions formellement interdit d'enseigner en ce nom-là, et vous avez rempli Jérusalem de votre enseignement » . C'est un rappel de l'interdiction prononcée au chapitre 4 (Actes 4.18), que les apôtres ont délibérément ignorée. Mais sans le vouloir, le grand-prêtre fait un aveu : « vous avez rempli Jérusalem » . L'ordre de Jésus de commencer par Jérusalem (Actes 1.8) s'accomplit sous les yeux mêmes de ceux qui s'y opposent.

Le second reproche est encore plus révélateur : « vous voulez faire retomber sur nous le sang de cet homme » . Le grand-prêtre refuse même de prononcer le nom de Jésus ; il dit « cet homme ». Et derrière ce reproche, on retrouve la même peur qu'au verset 26 : la peur de la réaction du peuple, la peur des hommes. Devant Pilate, c'était la foule qui avait crié : « Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ! » (Matthieu 27.25). Mais maintenant que les apôtres rendent Jésus vivant dans le cœur de cette même foule, les chefs religieux comprennent que le peuple pourrait les tenir pour responsables de sa mort. Et ça, pour des hommes qui tiennent à leur autorité, c'est insupportable. Ce n'est pas nouveau : du vivant de Jésus déjà, certains chefs avaient cru en lui sans oser l'avouer, « de crainte d'être exclus de la synagogue. En effet, ils aimèrent la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu » (Jean 12.42-43).

Combien de fois avons-nous, nous aussi, gardé nos convictions pour nous par peur du regard des autres ? Rappelons-nous que la crainte des hommes est un piège (Proverbes 29.25), mais que celui qui place sa confiance en Dieu n'a rien à craindre.

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