Commentaire d’Actes 5:1

Cependant, un homme appelé Ananias, avec Saphira sa femme, vendit une propriété

Le mot « cependant » place immédiatement ce récit en contraste avec ce qui précède. Au chapitre 4, Barnabas avait vendu un champ et donné l'intégralité du prix aux apôtres, dans un acte de générosité pure sans arrière-pensée. Ananias et Saphira font le même geste en apparence, mais derrière cette façade, leur attitude est pleine d'hypocrisie.

... UN HOMME APPELÉ ANANIAS

Le nom Ananias signifie « Dieu fait grâce », et l'ironie est profonde : un homme dont le nom même porte la grâce de Dieu va se retrouver sous son jugement. Ce n'est pas parce qu'on porte un beau nom, ni même parce qu'on fait partie de la communauté des croyants, qu'on est automatiquement en règle avec Dieu. Ce qui compte, ce n'est pas l'apparence, c'est le cœur.

D'ailleurs, Ananias faisait visiblement partie de la communauté. Il était au milieu de cette assemblée extraordinaire décrite au chapitre 4, où « la foule de ceux qui avaient cru n'était qu'un cœur et qu'une âme. Personne ne disait que ses biens lui appartenaient en propre, mais ils mettaient tout en commun » (Actes 4.32). Il avait été témoin des miracles et de la puissance de Dieu à l'œuvre au milieu des apôtres. Pourtant, au sein de cette communauté, il a laissé entrer un mensonge dans son cœur, un mensonge que Pierre attribuera directement à Satan : « Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu aies menti au Saint-Esprit ? » (Verset 3).

... AVEC SAPHIRA SA FEMME, VENDIT UNE PROPRIÉTÉ

Le texte souligne qu'ils ont agi ensemble. Ce n'est pas Ananias tout seul qui a eu cette idée : le verset 2 précisera qu'il a gardé une partie du prix « en accord avec sa femme » . Le mensonge était un projet commun, mûrement réfléchi. Ils se sont assis, en ont discuté, puis ont décidé ensemble de tricher.

Pourtant, garder une partie de l'argent n'était pas le problème. Pierre le dira clairement au verset 4 : la propriété leur appartenait, et même après la vente, l'argent restait à eux. Personne ne les obligeait à tout donner. Le problème, c'est qu'ils ont voulu paraître aussi généreux que Barnabas sans l'être réellement. Ils voulaient la réputation de la générosité sans en payer le prix. C'est de l'hypocrisie dans sa forme la plus calculée : faire croire aux autres, et surtout à Dieu, que l'on donne tout alors que l'on garde pour soi.

Et c'est une tentation que nous connaissons tous. Celle de vouloir paraître plus engagé qu'on ne l'est, de donner l'image d'une consécration totale alors qu'on sait, au fond, que la réalité est tout autre. Ananias et Saphira nous montrent que Dieu ne se laisse pas tromper par les apparences. Il voit le cœur, et c'est le cœur qu'il regarde (1 Samuel 16.7).

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