Mais un pharisien du nom de Gamaliel, professeur de la loi estimé de tout le peuple, se leva dans le sanhédrin et ordonna de faire sortir un instant les apôtres. Puis il leur dit : « Israélites, faites attention à ce que vous allez faire vis-à-vis de ces hommes.
Au moment où tout semble conduire les apôtres vers une condamnation à mort, une voix inattendue s'élève dans l’assemblée. Celle d'un certain Gamaliel. Et il est pharisien, pas sadducéen. Cette distinction est importante. Les sadducéens, qui dominaient le sanhédrin, ne croyaient ni à la résurrection, ni aux anges, ni aux esprits (Actes 23.8). Les pharisiens, eux, croyaient à tout cela. Gamaliel n'avait donc pas les mêmes raisons doctrinales de s'opposer aux apôtres.
Et il ne s'agit pas de n'importe quel pharisien. Gamaliel est l'un des rabbins les plus respectés de son époque. Il est le petit-fils de Hillel, qui a fondé l'une des deux grandes écoles rabbiniques. Luc le décrit comme « estimé de tout le peuple » : son autorité morale et intellectuelle est considérable. Et c'est cet homme qui va, sans le savoir, être un instrument dans la main de Dieu pour épargner la vie des apôtres.
Un détail mérite d'être relevé : c'est aux pieds de ce même Gamaliel que Saul de Tarse, le futur apôtre Paul, sera formé (Actes 22.3). Autrement dit, le maître qui sauve aujourd'hui la vie des apôtres est aussi celui qui forme l'homme qui approuvera bientôt la lapidation d'Étienne (Actes 7.58 ; 8.1) et persécutera l'Église (Actes 9.1-2), avant de devenir lui-même l'apôtre des nations. Dieu tisse des fils que personne ne perçoit sur le moment.