Commentaire d’Actes 5:3

Pierre lui dit : « Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu aies menti au Saint-Esprit et gardé une partie du prix du champ ?

Pierre ne tourne pas autour du pot. Sa question va droit à la source du problème : « Pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur ? » Le mot « rempli » est parlant : là où le Saint-Esprit aurait dû régner, c'est Satan qui a pris la place. Les croyants étaient remplis du Saint-Esprit (Actes 2.4, 4.31), mais chez Ananias, c'est tout l'inverse : il a ouvert la porte de son cœur à l'influence du diable par son double jeu.

Comment Pierre peut-il savoir cela ? Personne ne lui a rapporté quoi que ce soit. C'est le Saint-Esprit qui lui révèle à la fois ce qui était caché et l'origine spirituelle du mensonge : deux dons à l'œuvre en même temps, la parole de connaissance et le discernement des esprits (1 Corinthiens 12.8, 10).

Ananias croyait tromper les apôtres, c'est-à-dire des hommes. Mais Pierre lui révèle la vraie nature de son mensonge : il a menti au Saint-Esprit. Le Saint-Esprit n'est pas une force impersonnelle, c'est une véritable personne qu'on peut attrister (Éphésiens 4.30 ; Ésaïe 63.10) et à qui on peut mentir. Et cette personne, c'est Dieu lui-même, comme Pierre va le confirmer juste après : « Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu » (Verset 4).

Ce point est capital. Mentir au Saint-Esprit, c'est mentir à Dieu. L'Esprit qui habitait la communauté des croyants, qui remplissait les apôtres, qui accomplissait les miracles, c'est Dieu lui-même, présent au milieu de son peuple. Ananias a traité cette présence avec mépris. Il a cru pouvoir jouer un double jeu devant celui qui voit tout.

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