en disant : « Que faire à ces hommes ? En effet, ils ont accompli un signe miraculeux évident, c’est clair pour tous les habitants de Jérusalem et nous ne pouvons pas le nier.
Voilà le sanhédrin en pleine délibération, et ce qui sort de leur bouche est extraordinaire. Ils avouent, entre eux, ce qu'ils refusent de dire publiquement : « ils ont accompli un signe miraculeux évident... nous ne pouvons pas le nier ». Le tribunal le plus puissant d'Israël reconnaît la réalité du miracle. Ce n'est pas une illusion, ce n'est pas un tour de magie, c'est un signe « évident » que « tous les habitants de Jérusalem » connaissent.
Et malgré cela, la question qu'ils se posent n'est pas « Que signifie ce signe ? » mais « Que faire à ces hommes ? » . Ils ne cherchent pas la vérité, ils cherchent une solution politique. Ce n'est pas la première fois que ce tribunal se retrouve dans cette position. Peu avant la mort de Jésus, face aux signes qu'il accomplissait, ces mêmes hommes s'étaient déjà dit entre eux : « Qu'allons-nous faire ? En effet, cet homme fait beaucoup de signes miraculeux » (Jean 11.47). Même évidence impossible à nier, même réflexe : protéger le pouvoir plutôt que de se soumettre à la vérité.
C'est un avertissement qui traverse les siècles. On peut reconnaître un miracle indéniable et refuser d'y voir la main de Dieu. On peut voir les preuves de sa puissance et décider malgré tout de fermer les yeux, parce que se remettre en question coûte trop cher à l'orgueil. Le problème du sanhédrin n'est pas un problème d'évidence, c'est un problème de cœur.