Or, on amenait un homme boiteux de naissance, qu’on installait tous les jours à la porte du temple appelée la Belle pour qu’il demande l’aumône à ceux qui entraient dans le temple.
Luc prend le temps de planter le décor. Cet homme n'est pas tombé malade la veille. Il est boiteux de naissance. Il n'a jamais fait un seul pas de sa vie. Chaque matin, on le porte et on l'installe à la porte du temple, toujours au même endroit, toujours dans la même posture : assis, immobile, dépendant des autres. C'est sa vie depuis quarante ans (Actes 4.22). Luc insiste sur ces détails pour une raison précise : plus la condition de l'homme est désespérée, plus le miracle sera éclatant. Personne ne pourra dire que c'était une guérison partielle ou une coïncidence.
... LA PORTE DU TEMPLE APPELÉE LA BELLE
La porte appelée la Belle se situait entre le parvis des non-Juifs et les parvis intérieurs réservés aux Israélites. C'était l'un des passages les plus fréquentés du temple : tous ceux qui se rendaient aux parvis intérieurs passaient par là, ce qui en faisait l'endroit idéal pour un mendiant. Des centaines de personnes passaient devant lui chaque jour, et beaucoup le connaissaient de vue. Il faisait partie du décor. On s'était habitué à sa présence, à sa main tendue, à son infirmité. Et c'est justement parce que tout le monde le connaissait que sa guérison va produire un tel choc.
Il y a quelque chose de poignant dans cette image. Cet homme est assis à la porte du temple, le lieu de la présence de Dieu. Il est tout près, et pourtant il se tient à l'extérieur. Sa position dit quelque chose de notre propre condition : combien de personnes aujourd'hui se tiennent tout près de Dieu, à la porte, sans parvenir à le rejoindre par elles-mêmes ? Ce que cet homme ne sait pas encore, c'est que Dieu est sur le point de venir à lui.