Pierre, accompagné de Jean, fixa les yeux sur lui et dit : « Regarde-nous ! »
Pierre s'arrête. Il ne passe pas son chemin comme les autres. Il fixe ses yeux sur cet homme et lui dit : « Regarde-nous ! » Ce regard n'est pas un coup d'œil rapide. Le verbe grec " atenizo " signifie fixer intensément, regarder avec une attention soutenue. C'est le même verbe utilisé quand les disciples fixaient le ciel au moment de l'ascension de Jésus (Actes 1.10). Pierre regarde cet homme comme Jésus regardait ceux qu'il s'apprêtait à guérir : avec intention, avec compassion, avec autorité.
... REGARDE-NOUS !
En demandant au boiteux de les regarder, Pierre fait quelque chose d'important : il établit un contact personnel. Le mendiant avait sans doute l'habitude de tendre la main sans lever les yeux, de demander l'aumône machinalement, sans vraiment voir les gens qui passaient. Pierre refuse cette relation impersonnelle. En lui demandant de lever les yeux, il lui rend quelque chose : sa dignité. Il n'est plus une main tendue anonyme dans la foule, il est quelqu'un qu'on regarde en face, quelqu'un à qui on s'adresse. Avant le miracle, il y a la rencontre. Dieu ne nous traite jamais comme des cas anonymes. Il nous regarde, il nous appelle par notre nom, et il nous demande de lever les yeux vers lui.