Cet homme a acheté un champ avec le salaire du crime ; il y est tombé en avant, s’est éventré et toutes ses entrailles sont sorties. Tous les habitants de Jérusalem l’ont appris, c’est pourquoi ce champ a été appelé dans leur langue ‘Hakeldama’, c’est-à-dire ‘le champ du sang’.
Luc rapporte la fin tragique de Judas sans détour. On sait par l'Évangile de Matthieu que Judas, pris de remords, a rendu les trente pièces d'argent aux chefs des prêtres et s'est pendu (Matthieu 27.3-5). Avec cet argent, les prêtres ont alors acheté un champ. C'est pourquoi Luc peut dire que Judas l'a acheté : il a payé, même si ce sont les prêtres qui ont conclu l'achat. Luc complète ensuite le récit en décrivant ce qui est arrivé à son corps : il est tombé en avant, s'est éventré, et son sang s'est répandu sur ce champ. Les deux auteurs éclairent chacun un aspect de la même tragédie sans se contredire.
…LE CHAMP DU SANG
Le récit est brutal, mais il illustre une triste vérité : le péché mène à la destruction. Judas a reçu trente pièces d'argent pour livrer le Fils de Dieu. Et c'est dans ce champ, payé avec l'argent de sa trahison, que sa vie s'est achevée dans le sang. C'est pour cela que les habitants de Jérusalem ont appelé ce lieu "Hakeldama" : « le champ du sang ».
Ce nom, « le champ du sang », fait aussi écho à ce que Matthieu rapporte dans son Évangile. Les chefs des prêtres, après que Judas leur a rendu l'argent, ont désigné ces trente pièces comme étant « le prix du sang » (Matthieu 27.6), c'est-à-dire le prix du sang innocent de Jésus, le prix auquel on l'avait estimé (Matthieu 27.4, 9). Mais le sang dont la valeur est inestimable dans cette histoire, c'est celui de Jésus crucifié, versé pour le salut du monde. Car le salaire du péché, c'est la mort (Romains 6.23), mais la bonne nouvelle, c'est que sur la croix de Golgotha, Jésus, l'innocent, a versé son sang à la place du coupable. À ta place.