Commentaire d’Actes 1:26

Ils tirèrent au sort et le sort tomba sur Matthias, qui fut associé aux onze apôtres.

Le sort tombe sur Matthias. Présenté par la communauté, choisi par Dieu, il prend sa place parmi les onze. Avec lui, le cercle des douze est de nouveau complet.

…ILS TIRÈRENT AU SORT

Dans l'Ancien Testament, tirer au sort n'était pas un jeu de hasard. C'était un moyen reconnu par lequel Dieu révélait sa volonté. C'est ainsi que les prêtres étaient désignés pour le service du temple ; c'est par le sort que Zacharie avait été choisi pour offrir le parfum le jour où l'ange lui annonça la naissance de Jean-Baptiste (Luc 1.9). Comme le dit le livre des Proverbes : « On jette les sorts dans le pan de l'habit, mais c'est de l'Éternel que vient toute décision » (Proverbes 16.33).

Être choisi par Dieu est un privilège immense. Judas aussi avait reçu l'appel, mais il l'a abandonné. L'appel de Dieu est un don, mais c'est aussi une responsabilité : il ne suffit pas d'être choisi, il faut rester fidèle à cet appel.

…LE SORT TOMBA SUR MATTHIAS

C'est la dernière fois dans le livre des Actes que l'on tire au sort pour connaître la volonté de Dieu. Jusqu'ici, c'était une manière reconnue de s'en remettre à Dieu pour qu'il tranche, et il a répondu : Matthias est bien celui qu'il avait choisi. Mais après la Pentecôte, c'est par son Esprit que Dieu guidera directement les décisions de l'Église.

Pourquoi cette manière de faire va-t-elle s'arrêter soudainement ? Parce qu'elle appartient à un temps où l'Esprit de Dieu n'était donné qu'à certains, pour un moment. Mais la promesse de Jésus est sur le point de se réaliser : son Esprit va être déversé sur tous ceux qui lui appartiennent. La suite des Actes en regorge d'exemples : c'est lui qui envoie Pierre chez Corneille (Actes 10.19-20), qui met à part Paul et Barnabas pour la mission (Actes 13.2), qui tranche le débat du concile de Jérusalem (Actes 15.28), qui oriente Paul vers la Macédoine (Actes 16.6-10). Et ce ne sont là que quelques exemples.

Ce chapitre se termine donc au seuil de deux époques. Dieu a toujours conduit les siens, jusque-là par le sort, par un prophète, un roi, un juge, mais très bientôt ce sera par son Esprit Saint. C'est lui qui habitera chaque croyant. L'ancienne manière n'a pas encore cédé, mais sa fin approche. Le Saint-Esprit vient, et avec lui, une présence de Dieu plus proche que jamais.

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